Quid de l’immunologie en stage ?

Lundi 24 février 2014, la proposition de loi relative au développement et à l’encadrement des stages a été adoptée en première lecture à l’Assemblée. Le sénat doit encore l’examiner, mais voilà d’ores et déjà ce que va changer la loi pour les entreprises comme pour les stagiaires :

- La durée des stages sera désormais limitée à six mois maximum au sein de la même entreprise, car la pertinence pédagogique d’un stage plus long n’est pas démontrée selon Geneviève Fioraso, ministre de l’enseignement supérieur.

- Le nombre de stagiaire dans une même entreprise sera limité à environ 10% du personnel de l’entreprise.

- Le nombre d’étudiants pouvant être pris en charge par un seul et même tuteur sera limité par décret.

- Le stagiaire bénéficiera des mêmes règles que les employés concernant leur présence dans l’entreprise : temps de travail hebdomadaire (limité à 48h maximum), jours fériés, cumulation de 2,5 jours de congés payés par mois dès lors que le stage dure plus de deux mois.

- Interdiction pour le stagiaire d’effectuer des tâches dangereuses.

- L’étudiant aura accès au restaurant d’entreprise ou, à défaut, aux tickets restaurant, et se verra rembourser tout ou partie de ses frais de transports.

- Les prérogatives des inspecteurs du travail seront renforcées dans le cas des stagiaires. Ainsi, l’autorité administrative pourra prononcer une amende de 2000 euros par stagiaire concerné par les manquements, et de 4000 euros maximum en cas de réitération dans un délai d’un an.

Ce nouveau texte de loi vise à lutter contre le recours abusif et les dérives, quelques 100 000 stagiaires étant utilisés en substitution de salariés ou dans des conditions d’activités défavorables. Espérons seulement que cela ne découragera pas les entreprises puisque 1,6 millions de jeunes sont concernés par ce type de formation et que 20% des diplômés ont trouvé leur emploi à la suite d’un stage selon l’APEC. De plus, il manque toujours le point essentiel du droit à une gratification, celle-ci étant toujours de 436.05€ mensuels, seulement si le stage est d’au moins deux mois.

Voilà pour ce qui est de l’actualité. Maintenant pour ce qui est de faire un lien avec l’immunologie, je vous avouerais que je n’ai pas été spécialement inspirée par le sujet… Mais qu’à cela ne tienne, étant moi-même en stage actuellement, et de surcroît dans le domaine de l’immunologie, j’ai décidé de vous parler des anticorps conjugués thérapeutiques, sujet d’étude dans mon équipe.

Principe d'obtention des anticorps monoclonaux

Les anticorps conjugués thérapeutiques (ADC) sont des anticorps monoclonaux combiné avec un cytotoxique très puissant relié par l’intermédiaire d’un agent de liaison (linker). L’ADC se fixe à son récepteur membranaire et déclenche l’internalisation du complexe ADC-Récepteur dans la cellule tumorale. Ce processus d’internalisation entraîne l’invagination de la membrane et la formation d’une vésicule d’endocytose. La fusion de cette vésicule avec celles du lysosome conduit à une acidification du pH intra-vésiculaire et à l’apport d’enzymes de clivage. La dégradation de l’anticorps ou le clivage du linker permet la libération du cytotoxique. Ce dernier va exercer son rôle conduisant à la mort ou l’arrêt de la prolifération des cellules. Il existe deux mécanismes d’action majeurs des cytotoxiques :

- soit la drogue cible la dynamique des microtubules dans le cytoplasme et empêche ainsi les divisions cellulaires

- soit la drogue entre dans le noyau de la cellule et cible l’ADN

Source : The discovery and development of brentuximab vedotin for use in relapsed Hodgkin lymphoma and systemic anaplastic large cell lymphoma.  Peter D Senter & Eric L  Sievers Nature Biotechnology 30, 631–637

Source : The discovery and development of brentuximab vedotin for use in relapsed Hodgkin lymphoma and systemic anaplastic large cell lymphoma.
Peter D Senter & Eric L
Sievers
Nature Biotechnology 30, 631–637

Dans les deux cas, cela entraîne la lyse des cellules portant l’antigène cible ce qui peut libérer une quantité non négligeable de cytotoxique permettant d’activer la mort des cellules avoisinantes. Cette technologie est une approche efficace pour le traitement de nombreux cancers puisqu’elle permet de cibler uniquement les cellules tumorales, sans léser les cellules saines. A l’heure actuelle, 19 ADC sont en développement clinique, ciblant différents cancers tels que le lymphome de Hodgkin, le cancer du sein, les leucémies, le cancer de la prostate, le cancer colorectal, des cancers épithéliaux et le cancer du rein.

Cependant, cette technologie pourrait permettre de soigner de nombreuses autres maladies telles que la maladie du greffon contre l’hôte  pour laquelle une étude était arrivée en phase II mais c’est malheureusement arrêtée là. En effet, cette maladie étant due à une réaction des cellules immunitaires du donneur contre les cellules du receveur, on pourrait tout à fait imaginer des anticorps dirigés contre le CMH du donneur afin de supprimer les cellules indésirables. Ce traitement pourrait également permettre de lutter contre certaines maladies auto-immunes en supprimant les cellules immunitaires auto-réactives, grâce à des anticorps ciblant des marqueurs spécifiques de ces cellules. Enfin cela pourrait servir à traiter d’autres types de maladies causées par une prolifération anormale de cellules telles que la maladie de Paget. Dans cette maladie, les os sont complétements déformés car les ostéoclastes (cellules responsables de la résorption osseuse) et les ostéoblastes (cellules responsables de la croissance osseuse) se multiplient de manière anarchique. Les ADC pourraient alors servir à réguler ces populations de cellules et ainsi à enrayer la maladie.

A l’heure actuelle, les ADC sont uniquement testés dans les cas de cancers, il n’existe aucune étude clinique pour les cas de maladies auto-immunes ou autre.

Références :

- www.clinicaltrials.gov

Commentaire

Quid de l’immunologie en stage ? — Un commentaire

  1. Ping : Quid de l'immunologie en stage ? | Immuno On Ne...